18 May 2012

Projet républicain. Partie 2: l’Europe.

Resserer la zone euro

Maintenant que nous avons désacralisé la dette nous sommes en mesure d’imposer un nouveau rapport de force en Europe. Un rapport de force qui consistera donc en premier à se réapproprier notre souveraineté sur la maitrise du financement de nos politiques publiques. C’est la première chose à faire puisque cela nous permet de dégager des marges de manœuvre financière pour faire réellement une AUTRE politique. Cela aura pour conséquence de réduire la zone euro à quelques pays équivalents de développement. Avec pour objectif d’étendre ce développement , une fois harmonisé, au reste de l’Europe.

Pour accélérer les choses en Europe il faudra s’appuyer sur une farouche détermination et un soutien populaire important. Pour cela il ne faudra pas hésiter à user du référendum populaire pour impliquer les citoyens dans le changement.

La farouche détermination sera pour imposer le rapport de force avec nos partenaires et notamment de la zone euro si elle n’a pas explosé d’ici là… Comment prétendre faire une union monétaire avec des économies divergentes? C’est impossible sans au moins une gouvernance de la zone euro ayant un mandat clair pour le développement et la croissance. Il nous faudra l’imposer  nos partenaires. Comment? En faisant chantage à sortir de la zone euro. C’est où on s’assoit pour rediscuter ou on s’en va. Il faut faire exploser tous les traités et même l’Europe comme elle s’est construite loin des peuples.

Car faire pression sur la zone euro entrainera invariablement un domino européen. Il s’agira, ni plus ni moins, que de remettre en cause le dogme du libéralisme globalisé et notamment pour les flux financiers. Il faut protéger nos finances publiques de toutes possibilité de spéculation financière et donc favoriser le financement auprès de la BCE (banque Centrale Européenne) dont les taux d’intérêts (minimes) perçus seraient reversé dans une caisse commune à la zone euro. Soit pour servir de filet de sécurité soit pour financer des projets politiques coopératifs dans la zone euro. Ceci impliquera bien sûr que ceux qui nous rejoignent acceptent la politique de mise à niveau des standards sociaux et environnementaux. Non par le bas mais par le haut.

L’autre conséquence sera la constitution d’une Europe à deux vitesses au moins et ce sera incontournable. Une fois qu’on aura un embryon d’une Europe économique on pourra envisager l’Europe puissance.

L’Europe puissance ce n’est pas celle qui sera le valet supplétif des USA mais un vrai contrepoids démocratique. Au sein même de la zone euro il se pourrait qu’il y ait plusieurs vision d’avenir, c’est normal. Après un débat entre les gouvernements , un référendum populaire dans tous les pays de la zone devra être organisé pour déterminer la position à respecter. Bien sûr cela sera encore plus efficace lorsque nous aurons mis en place des mécanismes démocratiques de dimension européenne dans nos pays. Que ce soit des partis politiques identifiés idéologiquement et, surtout, des débats croisés entre les pays pour faire comprendre la position des autres états. Il faudra donc que le débat soit juste et pas déformer par les médias à la solde d’une idéologie comme c’est le cas aujourd’hui. Ce qui implique aussi une réforme des médias avec la séparation claire  entre médias d’informations et médias d’opinion. Le service public doit être média d’information par exemple. Vous voyez donc que cela suppose de mettre en place des règles démocratiques justes dans nos pays. La construction de l’Europe doit nous y pousser.

Dans la monde cette Europe devra représenter clairement la défense de notre modèle social que l’on veut humaniste. le périmètre des services publics doit être identifié, la constitution de pôles publics acceptés et la protection économique à l’intérieur de la zone doit être efficace. Accepter les produits à développement équitable et surtaxer les produits provenant de pays ne respectant pas les normes sociales et environnementales définies. On peut de ce pas imaginer un rapport de force avec la Chine et d’autres. Comment s’y prendre? Commencer par leur imposer brutalement serait une faute il faut toujours respecter notre interlocuteur et prendre en compte aussi son intérêt. Notre objectif doit être le co-développement mondial pour le bien de l’humanité. Pas que pour nous. Il faut donc peu à peu amener la Chine à prendre en compte cette exigence même si elle commence déjà à le faire. On peut lui proposer des partenariats gagnant-gagnant pour ses produits respectant le développement humain. Ceci implique dans des mesures techniques et ce n’est pas ici mon propos. Chacun pourra l’amender et le faire s’il le souhaite.

Cet esprit de co-développement mondial exprimé par cette Europe doit s’appliquer à tous. Et d’abord à nous-mêmes! Commençons par mettre en commun nos compétences, nos savoir-faire. Développons à l’intérieur de la zone des coopérations pour créer des cercles vertueux entre nous. Sortons donc du dogme de la libre concurrence et non faussée pour rentre dans l’ère de la coopération vertueuse. Cette énergie déployée dans tous les secteurs d’activité humaine devrait nous permettre un fort développement. D’autant mieux que la charte économique de la zone euro est appuyée sur le principe de la dignité au travail. Que ce soit sur les salaires, l’ergonomie, l’esprit tout doit être fait pour proposer la meilleure qualité à ses…citoyens. On sortira donc du dogme de l’appellation de « travailleurs » qui seront considérés avant tout comme des humains à part entière et auront donc droit, en tant que tels, à ce que la société fasse le meilleur pour eux. Non ce n’est pas un rêve c’est normal il me semble dans un monde humain.

Voilà l’esprit général de cette Europe du XXI ème siècle qui devra donc se reconstruire sur de nouvelles bases une fois qu’elle se sera débarrassée de la tutelle financière des marchés. Qui devra donc être notre priorité. Une fois effectuée alors tout le champ d’un avenir plus humain nous est ouvert. A nous de l’empoigner pour ne plus le lâcher.

En savoir plus sur la zone euro, ses règles, ses traités, ses objectifs.

PS: Vos commentaires, vos remarques, vos amendements, sont les bienvenues. N’hésitez pas à partager autour de vous. Nous devons nous emparer de notre vision du monde.

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Comments

  1. KADIU Mimoza says:

    Entièrement d’accord sur la théorie, mais pour la mettre en pratique je mets des réserves. De quitter l’Europe maintenant c’est aussi de prendre des grands risques : d’une part serait une source en plus de déstabilisation du CE, et d’autre part les évolutions des marchés financières mondiaux ne permettront peut être plus le retour en arrière pour réintégrer les pays dans CE…..Si par cette article ce n’est pas de quitter l’Europe qu’il s’agit, mais de construire une zone euro indépendante dans un premier temps, je me pose des questions, même si je comprends la démarche : en quoi consisterait pour les pays hors zone euro d’être membre de CE ? Quel serait leur rôle ? Comment gérer l’Europe à deux vitesses ? Comment l’envisager ?

    • asse42 says:

      Personnellement je visualise d’abord une zone euro entre pays de même importance économique pouvant trouver des convergences de développement comme la France, l’Italie, la GB, l’Allemagne, l’Espagne pour commencer. Faire en sorte de créer une charte sociale, économique et environnementale entre ces pays ainsi qu’une charte constitutionnelle disant clairement que l’idée est de diffuser le modèle social à travers le monde et pour commencer à l’Europe. L’objectif sera donc d’amener les pays à rejoindre la zone euro lorsqu’ils auront atteint peu ou prou le niveau de développement requis.
      On peut donc se dire qu’autour de la zone euro on pourrait créer une zone mixte qui aurait un partenariat privilégié avec la zone euro leur permettant d’accéder au développement voulu.

      Il ne s’agit donc pas de quitter l’Europe, ni l’idée même d’une construction européenne, mais de créer des synergies collectives de développement vertueux. En commençant par un petit noyau puis en s’étendant au fur et à mesure en respectant la charte constitutionnelle de développement humain. Et bien sûr cela veut dire que les états originels de la zone euro se mettent d’accord au préalable sur une charte commune, abandonnent leur prétention impérialiste sur tel ou tel territoire, et envisagent une croissance en commun en multipliant les coopérations pour créer des ensembles transfrontaliers réunissant les savoirs-faire.